« Notre objectif est de sensibiliser, pas de condamner, insiste Olivier Barrière.
Cette étude est un outil de travail intéressant pour les communes, pour les aider à se préparer. » Chargé de mission à l'association Surfrider foundation, il vient de passer plusieurs mois à compiler les résultats des prélèvements effectués sur les plages, au cours des quatre dernières années, par les Ddass (Direction départementales de l'action sanitaire et sociale). Il s'agit d'analyses, pratiquées de juin à septembre, pour mesurer la présence de bactéries d'origine fécale, considérées comme témoins de contaminations pathogènes.
En 2006, l'Union européenne a adopté de nouvelles normes sur la qualité des eaux de baignades. La France tarde à transposer la directive en droit national, mais elle devra l'appliquer. Date limite : 2015. Or, explique Olivier Barrière, cette nouvelle règle du jeu
« divise par quatre les seuils pour passer dans la catégorie mauvaise qualité ».22 % seraient déclassées
À partir des analyses des Ddass, la Surfrider foundation a soumis à la nouvelle grille la quasi-totalité des plages du littoral, soit 1 617 plages. Conclusions :
« Avec les résultats actuels, 22 % des plages seraient déclassées (descendraient d'un niveau) et 131 seraient interdites. »Ainsi, en Bretagne, sur 497 plages, 57 deviendraient « insuffisantes » et 35 « suffisantes », contre respectivement 1 et 36 actuellement. En Basse-Normandie, sur 125 plages, 22 tomberaient dans la qualité « insuffisante » et 15 dans le juste « suffisant » (6 aujourd'hui). Enfin, dans les Pays de la Loire, sur 140 plages, 3 deviendraient « insuffisantes » et 4 de qualité « suffisante ». Aujourd'hui, toutes sont de qualité « excellente », « bonne » et 1 seule « suffisante ».
Éviter les fermetures
« Ce que nous voulons avant tout, c'est éviter la fermeture de plages, plaide Olivier Barrière.
Il reste sept ans pour faire des progrès. » Là où les eaux laissent à désirer, les améliorations nécessaires concernent principalement les stations d'épuration d'eaux usées. Certaines fonctionnent mal, d'autres sont de dimension insuffisante.
Pour autant, loin d'être catastrophiste, la Surfrider foundation reconnaît que de gros efforts ont déjà été faits par les communes littorales au cours des dernières années.
« Les difficultés se trouvent maintenant, surtout, près des estuaires : les communes en amont ne sont pas toujours aux normes et leur pollution, charriée par les rivières, finit sur les plages. »Serge POIROT.
Tous les résultats de l'étude sont sur le site Internet : www.surfrider.eu