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Vidéosurveillance. Ouistreham compte installer des caméras plus nombreuses et plus performantes... |
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La municipalité de Ouistreham compte renforcer son système de vidéosurveillance. © D. R.
En plus d’augmenter le nombre de caméras en ville, la municipalité de Ouistreham (Calvados) envisage de mettre en place un centre de surveillance urbain, confié à la police municipale. Le système permettrait de verbaliser en direct et de raccourcir les délais d’intervention lors de délits, grâce à la liaison avec les patrouilles sur le terrain. Date visée : la fin de l’année 2021.
La municipalité de Ouistreham (Calvados) compte installer davantage de caméras en ville et créer un centre de surveillance urbain, d’où des policiers municipaux visionneront les écrans, verbaliseront en direct et pourront envoyer des patrouilles sur le terrain. Romain Bail, maire LR, répond à nos questions sur ce sujet.
Romain Bail, le maire de Ouistreham. © archives Ouest-France
Depuis quand et où trouve-t-on des caméras de vidéosurveillance ?
En juin 2013, les premières caméras de surveillance sont apparues avenue de la Mer et esplanade Lofi. En 2014, 28 caméras étaient installées et en avril 2015, le dispositif atteignait 48 caméras sur 60 initialement prévues. Le coût global était de 170 000 €.
Les lieux les plus fréquentés de la ville, étaient pourvus : avenue de la Mer, esplanade Lofi, place du Marché, le bourg, la zone du port, les entrées de ville, le cinéma, le casino, le centre socioculturel. L’objectif était de lutter contre les petits délits, les incivilités en identifiant les auteurs d’actes malveillants.
Quels sont les résultats observés ?
Les chiffres des réquisitions d’officiers de police judiciaire sont : 46 réquisitions en 2015, 22 en 2016, 33 en 2017, 30 en 2018 et 10 en 2019. Les images recueillies ont été un élément fort de résolution dans une douzaine de dossiers. Cependant, le rapport investissement-résultat n’est pas à la hauteur des enjeux et il reste compliqué de déterminer la réelle efficacité de la vidéo protection. Au cours des cinq dernières années, certains délits ont augmenté, d’autres comme les cambriolages ont diminué.
Quels sont les projets ?
La chute du nombre de réquisitions en 2019 marque le vieillissement du dispositif. Les questions que nous nous sommes posées étaient : comment et avec quels moyens couvrir toute la ville pour éviter les petites incivilités récurrentes et pour répondre aux attentes des citoyens en matière de sécurité publique.
En 2019 avec la police municipale et la gendarmerie, un schéma d’équipement de la ville a été élaboré avec la mise en place de 100 caméras (1 pour 92 habitants) et d’un centre de surveillance urbain.
Deux agents de la police municipale surveilleront les écrans. La surveillance ne peut être permanente, cela réclamerait 7 agents ; elle ne s’exercera que lors des fortes affluences, lors d’évènements… Le système permettra de verbaliser en direct et de raccourcir les délais d’intervention sur site lors de délits en cours, grâce à la liaison avec les patrouilles sur le terrain.
Quel investissement ?
Sur un plan technique, les caméras seront numériques, commandées à distance, avec un zoom de plus de 300 m. Mais il n’y aura pas de caméras intelligentes avec système de reconnaissance faciale ou autre. L’investissement sera de l’ordre de 200 000 à 300 000 € et le coût de fonctionnement annuel de 50 000 €, sans nouvelle embauche. Une aide de l’État, de l’ordre de 40 à 50 %, sera demandée.
Quels délais ?
Après un débat au sein du conseil municipal, le vote d’un budget et l’établissement d’un cahier des charges, un comité de pilotage devrait être créé en janvier 2021 sous la direction du chef de la police municipale. Il a été proposé aux communes de Colleville-Montgomery et de Saint-Aubin-d’Arquenay de participer au projet qui devrait être mis en place à la fin de l’année 2021.